Lewis versus Alice

Macha Makeïeff, auteure, plasticienne et directrice de La Criée, Centre dramatique national de Marseille, crée un spectacle, Lewis Versus Alice, à partir de la figure de Lewis Carroll et de son personnage éponyme, Alice. Y sont ajoutés des extraits bien connus de textes épars de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, la Chasse au Snark, De l’autre côté du miroir.

La formation de plasticienne de l’auteure se retrouve dans le style de spectacle, conçu dans la tradition du théâtre visuel. Composé de tableaux très colorés et d’une prolifération de costumes et d’accessoires, le spectacle, dans une ambiance victorienne, fait dérouler un enchaînement anarchique de tableaux qui, aussitôt montés sont aussitôt déconstruits avec un décor aux milles et un tour. La surcharge visuelle, pensée comme légèreté burlesque, brouille toute valeur esthétique. Noyés dans une profusion, les tableaux étourdissent tant et si bien que les moments musicaux sont accueillis comme des pauses d’une stabilité apaisante. Le regard peut enfin s’appesantir, la magie a une chance d’opérer.

Le dédoublement, utilisé comme principe moteur et filé tout au long de la pièce, a tôt fait de devenir indigeste. Les deux miroirs flanquant la scène constituent un ancrage du dédoublement et font office de points de repères. Le dédoublement du personnage de Lewis et le morcellement de Lewis ainsi que les allers-retours entre l’anglais et le français deviennent rapidement pesants. Si la vue est saturée, l’audition l’est légèrement moins, mais rien ne s’affirme comme ressorts dramaturgiques en tant que tels. Y’a-t-il eu une sélection parmi la pléthore de propositions scéniques ? A quelle logique le déroulement obéit-il ? Une autobiographie fantasmée de Lewis Caroll assène des faits historiques et autres fantasmes médiatiques, ce qui congestionne le spectacle d’un discours assertif. Le spectacle laisse de fortes impressions visuelles qui se dérobent mécaniquement et qui, mises bout à bout ne révèlent aucune exploration en profondeur ; les maîtres-mots étant la fugacité et l’effleurement.

2 commentaires sur “Lewis versus Alice

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