Soudain l’été dernier, Tenesse Williams -Stéphane Braunschweig

Soudain l’été dernier est une pièce de Tenesse Williams, dramaturge et romancier américain du XXe siècle. Ses œuvres ont souvent été mises en scène au cinéma comme par exemple Un tramway nommé désir et Soudain l’été dernier.

Dans cette pièce, mise en scène par Stéphane Braunschweig au théâtre de l’Odéon, les protagonistes sont enfermés dans un jardin devenu jungle qui occupe toute la hauteur de la pièce. C’est une plongée dans les souvenirs des personnages. De nombreuses images mentales sont convoquées dans ce huis-clos ouvert, le jardin. Les lieux évoqués sont paradisiaques, dans les pays chauds. La chaleur devient peu à peu étouffante, le jardin d’abord verdoyant, devient de plus en plus blanc, la sècheresse gagne peu à peu. Les personnages s’échauffent, presque tout se dit par les cris, les menaces ou la crainte. L’alcool, la cigarette, la prétendue folie de la jeune femme, le sérum de vérité participent aux allures cauchemardesques de la pièce. Ce sont les personnages qui animent cette jungle silencieuse. Le jardin lui, demeure silencieux. Quelques très rares bruitages viennent interrompre son calme. Les personnages sont imperméables les uns aux autres parce qu’il sont chacun tournés vers des préoccupations particulières : le besoin d’argent pour les personnages secondaires, les souvenirs idéalisés de la mère, la jeune cousine internée dans un hôpital psychiatrique, la religieuse chargée de la surveillance de la jeune femme. Les actrices de la mère et de la jeune femme interprètent subtilement la folie dans les inflexions de voix jusqu’aux jeux des corps.

La nature imposante est ambivalente, elle est un havre de paix pour la mère, et hostile pour la jeune fille conduite ici pour subir un interrogatoire. Le jardin est le lieu du déchiffrage, du défrichage. Au fur et à mesure que l’on s’approche de la vérité, les lianes, les zones d’ombre disparaissent, le soleil se faisant plus fort. La jungle est à l’image du chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre la vérité. Ce n’est pas un labyrinthe fait de pierres, mais de matière organique rejoignant la métaphore filée de la dévoration. Cette jungle est née d’une petite plante carnivore nourrie par des insectes qui ont subi des manipulations génétiques. Par ailleurs, la mère et le fils forment un couple se privant de nourriture pour satisfaire leur soif de jeunesse. Le goût pour la jeunesse du fils attirant dans ses filets les jeunes gens, la chair fraîche se retourne contre lui lorsqu’il devient lui-même le repas d’oiseaux carnassiers.

Mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig

Création avec Jean-Baptiste Anoumon, Océane Cairaty, Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Luce Mouchel, Marie Rémond

traduction Jean-Michel Déprats, Marie-Claire Pasquier
collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou
collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel
assistante à la scénographie Lisetta Buccellato
costumes Thibault Vancraenenbroeck
lumière Marion Hewlett
Son Xavier Jacquot
vidéo François Gestin
assistante à la mise en scène Amélie Énon

production Odéon-Théâtre de l’Europe

Pièce jouée du 10 mars au 14 avril 2017 au théâtre de l’Odéon à Paris.

25 – 29 avril 2017 Théâtre du Gymnase – Marseille

11 – 14 mai 2017 Piccolo Teatro – Milan dans le cadre du 70eme anniversaire du Piccolo Teatro

Soudain l’été dernier Odéon

 

 

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